Québec et logiciels libres: prise 2?

Publié: 25 octobre 2010 par Pierre Soucy dans Gouvernement

À peine notre collègue Stéphane avait-il publié son billet sur les logiciels libres au sein du Gouvernement du Québec (14 octobre) que le lendemain matin, le journaliste du journal Le Soleil Pierre Asselin publiait sur l’avancement d’un projet de restructuration de la gouvernance et des ressources informationnelles au sein de notre propre gouvernement. Ici, l’article en question.

La ministre Michelle Courchesne affirmerait par ailleurs que dans la politique-cadre sur la gouvernance et les ressources informationnelles qu’elle doit déposer dans les prochaines semaines, elle y consacrerait une partie expressément dédiée aux logiciels libres. Il est temps en effet que le vent tourne: d’un côté, le Gouvernement En Ligne se développe et prend de l’expansion; une expansion qu’il semble de plus en plus faire ombrage aux logiciels libres…

Quand on assiste à de faux-départs comme celui du fameux Dossier de santé du Québec, pour ne citer que cet exemple, il m’apparait assez évident que les lacunes cumulent, autant que le retard des projets en question: lancé en 2006, le DSQ devait être opérationnel début 2010… aïe! Donner la chance aux utilisateurs, dans le cadre d’une utilisation de logiciels libres, de contribuer à l’avancement de ce projet aurait certainement pu donner de résultats davantage favorables.

Voici d’ailleurs un article intéressant du Devoir sur le DSQ, avec quelques chiffres…!

Si certains militants péquistes affirment que de grandes économies peuvent être faites, je pense qu’il serait également bon de se pencher sur le facteur-temps; dans l’implantation de logiciels libres, il faut prendre le temps et s’y investir… La place que la ministre Courchesne veut donner aux logiciels libres dans sa sus-nommée politique-cadre est-elle suffisante?

Poudre aux yeux? Lumière au bout du tunnel? Qu’en pensez-vous?

Sources:
Québec prêt à ouvrir une porte au logiciel libre
Le PQ plaide en faveur du logiciel libre
Le Dossier de santé du Québec au point mort
Ainsi qu’un billet de notre blog: Gouvernement en ligne ? Avec des logiciels libres ? En 2007 ?

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commentaires
  1. jfgob1 dit :

    Je trouve intéressant de constater que le Québec commence peu à peu à s’ouvrir aux logiciels libres et que cela commence même à faire parti du débat politique. Cependant, il faut bien faire attention à ce que cela ne reste pas qu’une intention mais devienne réellement une volonté de la part du gouvernement. Il faut changer les habitudes de renouveler les licences sans se poser de question et de mettre à jour les applications vers une version plus récente sans se requestionner sur la pertinence de cette solution face aux solutions libres maintenant disponibles.

    De plus, le gouvernement ne devra pas seulement songer à l’utilisation des logiciels libres (dans les appels d’offre entre autre) mais aussi à leurs développement. Comme le soulève Pierre Asselin dans son article: « Le développement de ces logiciels repose essentiellement sur la collaboration entre des spécialistes, souvent dispersés à travers le globe, rappelle-t-il. Ceux qui décident dans le logiciel libre, ce sont ceux qui codent, ils contrôlent son évolution. » C’est donc un changement en profondeur des pratiques de développement actuelles du gouvernement qui devront être revues afin de pouvoir profiter d’une réelle collaboration entre le gouvernement et les communautés libres. Le gouvernement devra faire plus que simplement utiliser les logiciels libres, il devra contribuer à leur développement.

    Bref, j’ai bien hâte de voir vers le contenu de cette politique et surtout si elle aura l’impact escompté sur le gouvernement.

    Merci d’avoir partagé cette nouvelle avec nous!

  2. Je ne crois pas que les ratés du Dossier de santé du Québec soient liés de près ou de loin au choix ou non de faire appel à des logiciels libres. À mon avis, il s’agit plutôt d’un problème de gouvernance et de gestion de projets. Il reste qu’il sera intéressant de voir le contenu de cette politique.

  3. christiandaigle dit :

    Encore une fois, le gouvernement s’ouvre les yeux sur une question lorsqu’il y a un scandale de rattaché à celle-ci! J’ai bien hâte de voir dans quelle direction le tout va cheminer. L’implantation est certes une bonne idée pour le gouvernement, mais comme mentionné dans votre article, ce ne peut être à n’importe quel prix et surtout, ce ne doit pas être fait n’importe comment. Ce n’est pas une petite PME qui est en cause ici… c’est le plus gros employeur au Québec!

  4. carlhd dit :

    Pour ma part, je ne crois pas beaucoup en nos politiciens pour mettre de l’avant une politique sur les logiciels libres au gouvernement. Je crois que le changement va se produire quand la base du gouvernement va adopter les logiciels libres alors les politiciens n’auront pas le choix de suivre. Je prends l’exemple de mon ministère ou la présence du logiciel libre est de plus en plus présente. Par exemple, il y a eu un remplacement de systèmes d’exploitation de serveur Windows vers Linux pour des raisons de coût et de stabilité. Dans notre direction des technologies de l’information, les logiciels libres sont de plus en plus considérés étant donné les restrictions budgétaires que nous subissons. Dans certains cas, le logiciel libre n’est pas retenu car il ne répond pas aux besoins. Le changement s’est produit parce que des collègues de travail se sont impliqués dans la promotion du logiciel libre auprès de l’autorité supérieure du ministère. Une motivation, de plus pour ces collègues, est que nous travaillons pour l’appareil gouvernemental mais, nous sommes aussi des payeurs de taxes. Je déplore le fait que d’autres ministères ne s’impliquent pas d’avantage dans la promotion du logiciel libre pour faire changer la situation.

  5. Luce dit :

    Je crois que le gouvernement, peu importe les orientations qu’il prendra et diffusera, ce sera un travail de longue haleine. Les ministères et organismes ne devraient pas attendre après ces orientations et devront faire preuve d’initiative en ce domaine. En effet, en se dotant d’orientations à l’interne et en effectuant des analyses de besoins bien documentées, il se peut que le changement se fasse, petit à petit, par le bas et non par le haut! Si chaque M/O prêche par l’exemple, peut-être n’aurons-nous pas à attendre après les « recommandations » émanant des hautes autorités et que le changment de cap se fera en mettant en lumière les bons coups de tout un chacun en matière de logiciels libres? J’ai confiance que les mentalités changeront de toute façon…

    • jfgob1 dit :

      Bien sûr le mouvent vers les logiciels libres peut se faire du haut vers le bas ou du bas vers le haut. Cependant, il est beaucoup plus difficile (voir impossible) de faire la migration vers le logiciels libres lorsque l’on a pas l’appui des hauts dirigeants. De ce fait, je crois que l’idéal serait d’avoir un message clair des ministres en faveur de l’adoption des logiciels libres. Sans cela, je ne dis pas qu’il ne sera pas possible d’introduire certains logiciels libres au gouvernement, mais cela restera des initiatives isolées et sans vue d’ensemble. Le gouvernement a besoin d’utiliser la synergie des différents ministères et organismes s’il veut réellement exploiter le plein potentiel des logiciels libres.

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