Le Brésil et le logiciel libre

Publié: 29 novembre 2010 par Joëlle dans Non classé

En 2005, le Brésil célébrait sa 6e édition du Forum International sur le logiciel libre. « Avec plus de 4000 participants et 80 exposants, cette édition du Forum visait résolument à établir des ponts entre le gouvernement, les grandes entreprises et la communauté du logiciel libre » [1]

Historiquement parlant, c’est vers le milieu des années 1990 qu’ont été conçues les premières associations de développeurs de logiciels libres. Le principal projet a été instauré en 1999 au Brésil se nommait Projecto Software Libre (PSL) et avait pour objectif de « rassembler les différents acteurs du logiciel libre et de faire connaître les initiatives des groupes d’utilisateurs et des communautés de développeurs. » [1]

Depuis l’instauration de ce projet dans l’État du Rio Grande do Sul, plusieurs mouvements se sont développés comme le PSL-mulheres qui est un mouvement créé par des femmes voulant développer une vision plus féministe. Aussi, on retrouve aujourd’hui « plusieurs de ces groupes travaillant sur des thématiques comme les aspects légaux du logiciel libre ou sa promotion au sein des différents secteurs comme l’entreprise privée, le gouvernement ou l’armée. » [1]

Quant à son implication au niveau du gouvernement, celui-ci s’est impliqué dès le début du mouvement libre. C’est le Parti des Travailleurs, actuellement à la tête du Brésil, qui a permis au mouvement de se développer avec autant d’effervescence. Dès son élection au pouvoir, le parti a mis en place « des politiques de migration massive [vers le] logiciel libre »[1]. On compte maintenant grâce à eux plus d’une centaine de télécentres utilisant des logiciels libres.

Par contre, ces politiques ont amenés une certaine résistance. Par exemple, « Sergio Amadeu, le plus haut fonctionnaire brésilien chargé des migrations au logiciel libre, a ainsi fait l’objet d’une poursuite de la part du géant Microsoft »[1] à la suite de comparaison entre celle-ci et les narcotrafiquants. Il y a également l’existence de nombreux groupes de pression provenant des entreprises de logiciels propriétaires qui essaient de séduire les membres du gouvernement afin de contrecarrer ses lois.

Bref, le pays en a vu de toutes les couleurs mais n’a jamais abandonné. Une vidéo présente l’inauguration du 10e Forum International du logiciel libre où le président de la République du Brésil raconte ses souvenirs du début de la lutte pour les logiciels libres (vous pouvez aller la voir à http://www.framablog.org/index.php/post/2010/01/25/lula-bresil-discours-logiciels-libres )

Références :

[1] http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/le-bresil-et-le-logiciel-libre

http://www.framablog.org/index.php/post/2010/01/25/lula-bresil-discours-logiciels-libres

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commentaires
  1. jfgob1 dit :

    Bonjour,
    Une chose que je remarque avec des exemples comme le Brésil, la France ou même Israël (voir autre posts de ce blog), c’est que tous ces exemples réussis ont comme point commun une très grande implication de la part du gouvernement. En effet, dans tous les cas, c’est souvent des l’initiatives des gouvernements (par des lois ou des politiques sur les logiciels libres) qui ont fait en sorte que l’industrie des logiciels libres s’est autant développée.

    De ce fait, je crois que pour que les logiciels libres percent réellement au Canada et plus particulièrement au Québec, il faudra que le gouvernement s’implique beaucoup plus qu’il le fait actuellement. Il faudrait un message clair du gouvernement en faveur des logiciels libres (c’est d’ailleurs ce que demande la compagnie Savoir-Faire Linux http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/science-et-technologie/201006/03/01-4286630-le-logiciel-libre-remporte-une-victoire-en-cour.php ). Sans cette condition, je crois qu’il sera assez difficile pour l’industrie du logiciel libre de se développer au Québec. C’est malheureux car le modèle d’affaire proposé par ces logiciels (soient une industrie de services complémentaires) pourrait avoir un effet très positif sur l’industrie du logiciel au Québec et bénéficier à l’ensemble de l’économie québécoise.

    Il y a tout de même un espoir de ce côté. En effet, suite à certaines poursuites à l’endroit du gouvernement par des firmes tel Savoir Faire Linux, le gouvernement commence à s’intéresser à la question des logiciels libres. Le PQ semble d’ailleurs beaucoup s’intéresser à cette question (http://logicielslibresetgouvernements.wordpress.com/2010/10/28/le-pq-en-faveur-du-logiciel-libre-2/ ) Espérons que cela amènera des résultats…

  2. Joëlle dit :

    Je suis d’accord avec toi! C’est par la voie du gouvernement que les logiciels libres auront plus de chance de percer. Ne reste plus qu’à attendre …

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